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Recensione a Stefano Dal Bianco, "Ritorno a Planaval", Mondadori 2001

Stelvio Di Spigno

Riprongo e archivio su P.C. questo pezzo scritto in occasione della pubblicazione di Ritorno a Planaval di Stefano dal Bianco. Le categorie utilizzate sono quelle di un critico ancora in formazione, poco più che ventenne, ma che ha già ben chiaro, magari oscuramente e confusamente, ciò che gli pare essere poesia e ciò che, in poesia, intorbida solo un po’ le acque. Vogliate accoglierlo per ciò che è. Vi ringrazio.

A dispetto di quanto farebbe credere lo slabbramento formale, in bilico tra prosa e verso (come non manca di notare nel risvolto Pier Vincenzo Mengaldo), segno di una tensione forse esaurita, di una presunta mancanza di energia all’interno del singolo testo poetico come nel complesso del libro, Ritorno a Planaval sembra iscriversi nel solco di una tradizione tutta lombarda, quella del cosidetto romanzo in versi.  Tradizione inaugurata, nel 1976, dalla prima opera  di Maurizio Cucchi,  Il disperso, e ancor prima dal Raboni delle raccolte milanesi, quelle precedenti alla svolta funebre e quaresimalista dei sonetti. Questa novità espressiva, che apriva le porte alla prosa e alla quotidianità, sembrò rinnegare la rivoluzione formale del Novecento, portata avanti in primo luogo da Montale e Ungaretti, fomentando un discorso fin troppo privatistico. Ma negli ultimi decenni, in Italia, parlare di forme in poesia vuol dire alludere  alla variante poetica degli anni ’80, a un manierismo che imbelletta in quartine, centurie e sonetti la propria incapacità di espressione poetica e i contenuti di un esasperato erotismo e di un  espressionismo beckettiano privo di ogni risvolto etico. Continua a leggere “Recensione a Stefano Dal Bianco, "Ritorno a Planaval", Mondadori 2001”

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Stase – Italie 1975-1985

[Un saggio ritrovato di Jean-Charles Vegliante, o della visione francese dei nostri anni ’80]

 Jean-Charles Vegliante

… or lui apparut je ne sais quoi de noir,

nuage ou terre ? Dans un éclair vaincu

par l’aube douce…

G. Pascoli, Le sommeil d’Odyssée

Toi qui me lis tu le savais, il n’y a pas de retour possible. Parfois, un instant, dans un éclair nous apparaît le territoire dévasté d’un autre âge ; illusion de la pensée qui croit se souvenir. Ou ce que l’on croit saisir convulsivement dans l’endormissement d’Ulysse (non sapea che nero…), vapeur déjà disparaissante. Ces pages, massacrées par l’éditeur d’un catalogue (Nice, 1985), ont bien sûr jauni, mais justement : les contours essentiels n’en apparaîtront que mieux à distance. Peut-être. J’essaie de réarpenter en tout cas cette contrée d’un temps révolu. Scriptor, je recopie.

« En ce qui concerne la poésie – ou plutôt, disons tout de suite – les poésies italiennes de la décennie 1970-1980, tout au plus pourrait-on rappeler que s’y inscrivent en creux, dans leur attente, les éditions en volumes des Poesie (Poèmes) de Pasolini et de Tutte le poesie (Poésies complètes) de Penna, 1970 : célébrations, déjà. Dans la sidération qui suivit 1968-69. En revanche, le léger déplacement des curseurs, de 75 à ’85, offre peut-être une vision plus articulée – non pas, certes, homogène – où se dessine davantage que notre propre reflet au miroir. Cela pour mettre en garde, d’emblée, contre l’image-repoussoir si souvent proposée des ‘choses italiennes’, tantôt presque annexées, tantôt brandies dans un miroir déformant, que l’on serait tenté d’oublier qu’une histoire, une culture, une langue surtout (et des langues) nous en séparent, aussi proches et différentes que le bien connu autre côté.

Dix ans, cette durée moyenne d’une ‘génération poétique’ semble pour une fois s’imposer assez naturellement, car 1975 aconstitué pour l’Italie une année charnière*. D’un point de vue très général, on y verrait passer la ligne de partage des eaux entre le dernier espoir de subversion marxiste de la société (1968 et alentours) et la résignation secouée par les bombes des années de plomb (triomphe de ce que Pasolini avait nommé « nouveau fascisme »). L’assassinat de Pasolini lui-même – c’est-à-dire, avec tout ce que les media pouvaient y injecter de douteux, mais que l’intéressé avait sciemment accepté, du Poète – va laisser sans voix d’autres ‘parlants’, peu tentés par la reprise du sort de bouc émissaire. Seul Montale, hors d’atteinte, continue de subir en marmonnant les sollicitations les plus variées (mais il n’a jamais été très loquace)… Certains avant-gardistes par exemple, proches des Novissimi et de l’ex-Gruppo ’63, vont désormais se taire ou presque. La même année, d’ailleurs, voit paraître une lecture neuve de ces expérimentations récentes, les tirant à bas de leur piédestal langagier quelque peu désincarné, en incitant à une réévaluation des plus robustes d’entre elles (Pagliarani), sous le titre révélateur de Realismo dell’avanguardia (Réalisme de l’avant-garde, W. Siti, à son corps défendant). C’est justement de réalisme occulté, ou plus exactement de réalité (des référents) qu’il s’agit, dans la sélection sévère à laquelle se livre alors Majorino sur les trente années du second après-guerre : Poesie e realtà ’45-75 (Poésies et réalité : l’ouvrage paraîtra seulement deux ans plus tard chez l’éditeur Savelli). La période des illusions nées de la Résistance et de son mythe, des ‘belle bandiere’ dont Pasolini osait ricaner, est bel et bien close. Les plus jeunes, on peut le croire, lui avaient déjà tourné le dos. Continua a leggere “Stase – Italie 1975-1985”