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Leggendo l’ultimo « si cela peut s’appeler quelque chose » di Philippe Denis (ed. La ligne d’ombre, 2014)

di Jean-Charles Vegliante

Philippe Denis, conosciuto direttamente da poco – in occasione della presentazione di un numero monografico che “L’étrangère” gli aveva dedicato la primavera scorsa, presso la libreria Le Bruit du temps di Antoine Jaccottet (Paris V) –, mi fa recapitare, dal Portogallo ove egli risiede ormai, un «piccolo libro» (scrive lui) curiosamente intitolato si cela peut s’appeler quelque chose (“se questo può chiamarsi qualcosa”, 65 p.), frase stampata tutta minuscola. I presenti appunti, di getto, riprendono semplicemente, ampliandolo, il biglietto di cortesia che gli ho mandato subito, e non hanno altra pretesa se non di ripetere tale cortesia di lettura, dovuta, a me pare, a ogni testo che ci tocca nel profondo. Tanto più in quanto la poesia, come sappiamo, ne ha davvero bisogno.

Quelle sobrie pagine stampate mi raggiungono dopo lungo periplo, dunque, mentre sto cercando, difficilmente, di stendere un articolo sul “realismo” in poesia (si legga il termine con doppie o triple virgolette), ricerca di cui – a me pare – a scapito delle apparenze (ma, si badi, qui la superficie È profondità!) le poesie di Philippe Denis vanno avvicinandosi oggi sempre di più. Ma, se si vuole, al modo in cui degli haiku potessero sembrare “realisti”: quasi per ossimoro quindi… come prospettando un mondo oltre la pagina stampata. Si tratta in ciò, per me, e solo in prima istanza, di semplici impressioni… ma da dove partire, se non si sappia dire altro[1] che l’effetto che la parola “fa” su di noi? Continua a leggere “Leggendo l’ultimo « si cela peut s’appeler quelque chose » di Philippe Denis (ed. La ligne d’ombre, 2014)”

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Stase – Italie 1975-1985

[Un saggio ritrovato di Jean-Charles Vegliante, o della visione francese dei nostri anni ’80]

 Jean-Charles Vegliante

… or lui apparut je ne sais quoi de noir,

nuage ou terre ? Dans un éclair vaincu

par l’aube douce…

G. Pascoli, Le sommeil d’Odyssée

Toi qui me lis tu le savais, il n’y a pas de retour possible. Parfois, un instant, dans un éclair nous apparaît le territoire dévasté d’un autre âge ; illusion de la pensée qui croit se souvenir. Ou ce que l’on croit saisir convulsivement dans l’endormissement d’Ulysse (non sapea che nero…), vapeur déjà disparaissante. Ces pages, massacrées par l’éditeur d’un catalogue (Nice, 1985), ont bien sûr jauni, mais justement : les contours essentiels n’en apparaîtront que mieux à distance. Peut-être. J’essaie de réarpenter en tout cas cette contrée d’un temps révolu. Scriptor, je recopie.

« En ce qui concerne la poésie – ou plutôt, disons tout de suite – les poésies italiennes de la décennie 1970-1980, tout au plus pourrait-on rappeler que s’y inscrivent en creux, dans leur attente, les éditions en volumes des Poesie (Poèmes) de Pasolini et de Tutte le poesie (Poésies complètes) de Penna, 1970 : célébrations, déjà. Dans la sidération qui suivit 1968-69. En revanche, le léger déplacement des curseurs, de 75 à ’85, offre peut-être une vision plus articulée – non pas, certes, homogène – où se dessine davantage que notre propre reflet au miroir. Cela pour mettre en garde, d’emblée, contre l’image-repoussoir si souvent proposée des ‘choses italiennes’, tantôt presque annexées, tantôt brandies dans un miroir déformant, que l’on serait tenté d’oublier qu’une histoire, une culture, une langue surtout (et des langues) nous en séparent, aussi proches et différentes que le bien connu autre côté.

Dix ans, cette durée moyenne d’une ‘génération poétique’ semble pour une fois s’imposer assez naturellement, car 1975 aconstitué pour l’Italie une année charnière*. D’un point de vue très général, on y verrait passer la ligne de partage des eaux entre le dernier espoir de subversion marxiste de la société (1968 et alentours) et la résignation secouée par les bombes des années de plomb (triomphe de ce que Pasolini avait nommé « nouveau fascisme »). L’assassinat de Pasolini lui-même – c’est-à-dire, avec tout ce que les media pouvaient y injecter de douteux, mais que l’intéressé avait sciemment accepté, du Poète – va laisser sans voix d’autres ‘parlants’, peu tentés par la reprise du sort de bouc émissaire. Seul Montale, hors d’atteinte, continue de subir en marmonnant les sollicitations les plus variées (mais il n’a jamais été très loquace)… Certains avant-gardistes par exemple, proches des Novissimi et de l’ex-Gruppo ’63, vont désormais se taire ou presque. La même année, d’ailleurs, voit paraître une lecture neuve de ces expérimentations récentes, les tirant à bas de leur piédestal langagier quelque peu désincarné, en incitant à une réévaluation des plus robustes d’entre elles (Pagliarani), sous le titre révélateur de Realismo dell’avanguardia (Réalisme de l’avant-garde, W. Siti, à son corps défendant). C’est justement de réalisme occulté, ou plus exactement de réalité (des référents) qu’il s’agit, dans la sélection sévère à laquelle se livre alors Majorino sur les trente années du second après-guerre : Poesie e realtà ’45-75 (Poésies et réalité : l’ouvrage paraîtra seulement deux ans plus tard chez l’éditeur Savelli). La période des illusions nées de la Résistance et de son mythe, des ‘belle bandiere’ dont Pasolini osait ricaner, est bel et bien close. Les plus jeunes, on peut le croire, lui avaient déjà tourné le dos. Continua a leggere “Stase – Italie 1975-1985”