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Riambientarsi (ma anche difendersi)

Marco Giovenale_ Riambientarsi ma anche difendersi [dato il “cambio di paradigma”] by marco giovenale / differx

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[ annotazione (prolissa) già in slowforward, 29 settembre 2012 ]

 

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Il silenzio azzurro. Tratti di 'utopia' possibile e impossibile in poesia

Stefano Raimondi

             Sono i tratti, i lasciti, i respiri che si frantumano, che

s’interrompono a esplodere per povertà, sincerità.

            Tratti bianchi lasciati sulle strade, sui confini, sui bordi.

Traiettorie viste, intra-viste, desiderate.

           Nella nebbia si seguono i tratti, tra le luci insistenti dei fari,

che frugano, che ci avvertono, fino a un abbaglio strano, fino a

scomparire.

Ci si perde sui tratti come sulle tracce lasciate nel deserto: il vento le

scrive senza tatuaggi, senza pelle .

La parte più fonda è del buio, quello che resta per essere  incredibile,

incredibilmente vero.

            Si cerca tra i tratti lo spazio per resistere: quello tenuto da una

parte per spiegare il luogo di una parola impossibile, ancora non

scritta “per sempre”, come l’azzurro folle dei bambini quando

disegnano un cielo a memoria, senza più guardare .

           C’è chi nei tratti ha intravisto parole: alfabeti.


 

Primo tratto

 

“[…] si può essere attratti nella traccia fino a perdersi in essa, in una fissità che sottrae l’oggetto ad ogni possibile analisi razionale, ad ogni possibile uso.”

Franco Rella

Cercarsi dei luoghi utopici, o uno spazio coraggiosamente impossibile della poesia, rende paradossalmente felici. Quella felicità nata dalla precarietà, dall’instabilità, dalla disobbedienza. Uno strano percepire lo spazio là dove è precluso, la speranza là dove è annullata, sapendo bene – come sosteneva Walter Benjamin – che essere felici significa essere consci di sé senza terrore. La sensazione di appagamento è interamente inserita in una dinamica linguistica, dove il nominare parole o “ Nomi propri” porta a una conoscenza primaria: a un insonne incontro con l’Altro, col nostro primigenio Nome proprio che ci firma, c’intaglia, trascrivendoci nel mondo, nel giorno di tutti come una certezza. D’altronde lo spazio della poesia non è forse il luogo della nostra prima oralità, il nostro nome/immagine inciso a immagine tra il nerofumo di una grotta? O come scrive Emanuel Levinas:

“[…] non sono forse le prime parole che ogni linguaggio presuppone, persino quello che si ritrae nel silenzio del puro pensiero […] o che si isola nella scrittura?” Continua a leggere “Il silenzio azzurro. Tratti di 'utopia' possibile e impossibile in poesia”

Stase – Italie 1975-1985

[Un saggio ritrovato di Jean-Charles Vegliante, o della visione francese dei nostri anni ’80]

 Jean-Charles Vegliante

… or lui apparut je ne sais quoi de noir,

nuage ou terre ? Dans un éclair vaincu

par l’aube douce…

G. Pascoli, Le sommeil d’Odyssée

Toi qui me lis tu le savais, il n’y a pas de retour possible. Parfois, un instant, dans un éclair nous apparaît le territoire dévasté d’un autre âge ; illusion de la pensée qui croit se souvenir. Ou ce que l’on croit saisir convulsivement dans l’endormissement d’Ulysse (non sapea che nero…), vapeur déjà disparaissante. Ces pages, massacrées par l’éditeur d’un catalogue (Nice, 1985), ont bien sûr jauni, mais justement : les contours essentiels n’en apparaîtront que mieux à distance. Peut-être. J’essaie de réarpenter en tout cas cette contrée d’un temps révolu. Scriptor, je recopie.

« En ce qui concerne la poésie – ou plutôt, disons tout de suite – les poésies italiennes de la décennie 1970-1980, tout au plus pourrait-on rappeler que s’y inscrivent en creux, dans leur attente, les éditions en volumes des Poesie (Poèmes) de Pasolini et de Tutte le poesie (Poésies complètes) de Penna, 1970 : célébrations, déjà. Dans la sidération qui suivit 1968-69. En revanche, le léger déplacement des curseurs, de 75 à ’85, offre peut-être une vision plus articulée – non pas, certes, homogène – où se dessine davantage que notre propre reflet au miroir. Cela pour mettre en garde, d’emblée, contre l’image-repoussoir si souvent proposée des ‘choses italiennes’, tantôt presque annexées, tantôt brandies dans un miroir déformant, que l’on serait tenté d’oublier qu’une histoire, une culture, une langue surtout (et des langues) nous en séparent, aussi proches et différentes que le bien connu autre côté.

Dix ans, cette durée moyenne d’une ‘génération poétique’ semble pour une fois s’imposer assez naturellement, car 1975 aconstitué pour l’Italie une année charnière*. D’un point de vue très général, on y verrait passer la ligne de partage des eaux entre le dernier espoir de subversion marxiste de la société (1968 et alentours) et la résignation secouée par les bombes des années de plomb (triomphe de ce que Pasolini avait nommé « nouveau fascisme »). L’assassinat de Pasolini lui-même – c’est-à-dire, avec tout ce que les media pouvaient y injecter de douteux, mais que l’intéressé avait sciemment accepté, du Poète – va laisser sans voix d’autres ‘parlants’, peu tentés par la reprise du sort de bouc émissaire. Seul Montale, hors d’atteinte, continue de subir en marmonnant les sollicitations les plus variées (mais il n’a jamais été très loquace)… Certains avant-gardistes par exemple, proches des Novissimi et de l’ex-Gruppo ’63, vont désormais se taire ou presque. La même année, d’ailleurs, voit paraître une lecture neuve de ces expérimentations récentes, les tirant à bas de leur piédestal langagier quelque peu désincarné, en incitant à une réévaluation des plus robustes d’entre elles (Pagliarani), sous le titre révélateur de Realismo dell’avanguardia (Réalisme de l’avant-garde, W. Siti, à son corps défendant). C’est justement de réalisme occulté, ou plus exactement de réalité (des référents) qu’il s’agit, dans la sélection sévère à laquelle se livre alors Majorino sur les trente années du second après-guerre : Poesie e realtà ’45-75 (Poésies et réalité : l’ouvrage paraîtra seulement deux ans plus tard chez l’éditeur Savelli). La période des illusions nées de la Résistance et de son mythe, des ‘belle bandiere’ dont Pasolini osait ricaner, est bel et bien close. Les plus jeunes, on peut le croire, lui avaient déjà tourné le dos. Continua a leggere “Stase – Italie 1975-1985”